Bowers & Wilkins 805 D3 : Le Test

Bowers & Wilkins 805 D3 : Le Test

La série 800 de Bowers and Wilkins (le « D » signifie Diamond) est une sorte de rouleau-compresseur high-end. Elle se vend dans des quantités stupéfiantes, et est devenu depuis longtemps la vitrine technologique de la marque. Tout ce qui est présent sur cette série finit par se retrouver sur des produits plus abordables. Les cônes en Kevlar, le port pour les basses, le tweeter découplé ne sont que quelques exemples de ce cycle vertueux.

Quelle place dans la gamme Bowers & Wilkins ?

La cohérence de la gamme au fil des ans a été telle qu’aujourd’hui, il est assez compliqué, en première approche, de déterminer ce qui différencie les nouvelles générations des anciennes. Le look général n’a pas trop bougé, et les courbes arrondies du coffrage, autrefois futuristes, ont désormais une touche classique – bien que toujours aussi attractive. La nouvelle série D3 ne change pas tellement de braquet. mais il suffit de se pencher un peu sur la question pour découvrir que les ingénieurs de B&W n’ont pas lésiné pour améliorer la performance.

Comme d’habitude, les 805 sont les seules compactes de la gamme. Ce sont des enceintes deux voies, mais le transducteur est sans doute l’un des plus exotiques que nous ayons rencontrés. Le tweeter en dôme-diamant reste un élément-clé et malgré les apparences, seul le diaphragme reste inchangé par rapport à la dernière itération. Chaque aspect de son design a été revisité, depuis le support en aluminium sur lequel il repose jusqu’au système de moteur. Même le découplage a été modifié (pour réduire les vibrations de l’unité de basses/médiums).

Bowers & Wilkins 805 D3 : les fonctionnalités

C’est sans doute le transducteur de graves/ médiums qui présente le plus grand intérêt. B&W a utilisé le Kevlar depuis des décennies, et le passage a un nouveau matériau est tout de même à marquer d’une pierre blanche. Ce matériau a été appelé Continuum, et développé en interne pour porter les propriétés du Kevlar – le point de coupure parfaitement contrôlé, le bon amortissement naturel. la faible masse – au niveau supérieur. Contrairement au dôme-diamant, le surcoût n’est pas affolant. Aussi, ne soyez pas étonné de voir le Continuum apparaître dans d’autres produits B&W très bientôt.

Un port en façade ajuste la performance des graves. Comme d’habitude, sa surface possède une surface rappelant une balle de golf, une technique permettant de réduire le bruit généré par un mouvement d’air rapide à travers le port.

Nouveau cabinet

Le cabinet conserve les proportions habituelles, mais il a été subtilement retravaillé. L’armature interne – nommée Matrix – a été révisée pour améliorer la rigidité et la résistance aux vibrations.

Les améliorations des logiciels de simulation ont permis aux ingénieurs de la marque d’améliorer les performances du coffrage, à un degré encore jamais atteint.

La qualité générale est excellente. B&W ne nous a jamais vraiment déçus à ce titre, mais la tradition est parfaitement respectée. Les arêtes sont bien nettes, et tout respire le travail bien fait. Le coffrage est immensément rigide, et la finition digne d’un ébéniste d’art. Il y a trois finitions : noir laqué, blanc satin, et bois de rose.

Comme d’habitude, des supports dédiés (une combinaison d’aluminium et de MDF) viennent épauler les performances de l’enceinte. Les nôtres étaient lestés pour assurer de la stabilité, ce qui s’est révélé payant. Les supports sont disponibles en noir et argent. Ils ne sont pas donnés, mais contrairement aux dernières itérations, ils font très bien leur boulot et une fois que les enceintes sont fixées, il n’y a aucune raison de douter de l’efficacité de l’association. Si vous envisagez les 805 D3, sachez que l’achat de ces supports est plus ou moins incontournable.

Bonne association avec une autre enceinte

Toute enceinte à ce niveau de prix a besoin de compagnons à la hauteur. Nous avons utilisé le streamer NDS/SSSPS de Naim, et la platine Innovation Wood de Clearaudio comme sources, ainsi qu’un combo D3i/S200i de Gamut pour l’amplification. Les enceintes supportent une charge nominale de 8 ohms, mais peuvent fonctionner sous 4 ohms, ce qui nécessitera un ampli musclé pour en tirer le meilleur (mais s’il a du cerveau en plus des muscles, c’est encore mieux).

A 42cm de haut, ce ne sont pas des enceintes spécialement massives, et malgré leur capacité à envoyer du volume, on les cantonnerait plutôt à une pièce de taille moyenne. Il serait tentant de les placer contre un mur ou dans un coin, mais attention: l’équilibre global s’en trouverait trop modifié. En fait, elles ont besoin d’espace pour respirer, ainsi que d’un petit toe-in vers la position d’écoute. Si vous faites ça bien, vous ne serez pas déçu : la scène sonore ainsi engendrée paraît d’emblée s’étendre au-delà des limites physiques de la pièce.

Bowers & Wilkins 805 D3 : La précision sonore avant tout

C’est une image superbement précise, et d’une belle stabilité. Nous avons écouté les Carmina Burana de Carl Orff, et sommes bluffés par la capacité de l’enceinte à étager la scène sonore, dans laquelle on pourra distinguer individuellement la position des instruments ou des voix. L’impression d’ouverture et formidable – la cause étant. sans doute, la position découplée des tweeters.

Ces compactes donnent le meilleur d’elles-mêmes quand on les pousse. A bas volume, le rendu perd un peu de vie. C’est quelque chose à considérer si vous êtes du genre à écouter votre musique calmement.

Les choses sont bien jugées sur le plan tonal. Les enceintes font preuve d’un bel équilibre, avec des hautes-fréquences un tout petit peu adoucies. On reste très fan du tweeter en diamant. Le son est net, pertinent, mais également raffiné et ouvert. L’intégration avec le HP de médiums est impeccable, non seulement en terme de sortie, mais aussi de caractère. Le rendu est parfaitement cohérent d’un bout à l’autre du spectre.

Polyvalence

Les Dynamiques ? Le morceau de Carl Orff est un test implacable à cet égard, et les 805 le relèvent sans problème. Elles restituent les crescendos avec enthousiasme, même à fort volume. Parfois, la capacité à convoyer avec force l’image d’ensemble oblitère un peu les subtilités, mais ce n’est pas le cas ici. Les 805 possèdent beaucoup de finesse, comme en atteste le rendu de The Ghost of Tom Joad par Bruce Springsteen. Dans ce cas, les B&W montrent leur capacité à extirper des informations de bas niveau, et à les arranger de la manière la plus musicale et engageante. Ce n’est pas un morceau particulièrement dense, mais on reste bluffé par la manière dont la mélodie est envoyée, et l’émotion qu’elle véhicule. Le niveau de clarté est épatant : on n’en demande pas davantage.

On passe à The Gospel Of John Hurt par alt-J, et les B&W révèlent un bon sens du rythme. Les changements d’allure sont convoyés avec beaucoup de souplesse. Il y a du punch dans les graves, et une extension appréciable. Les basses offrent au son toute l’autorité et l’échelle requises.

Quand bien même le prix des 805 a plutôt eu tendance à grimper au cours des années, cette dernière génération est la plus aboutie que nous ayons entendue. Elle met à nu des détails que la plupart des rivales ignoreraient, et y combine une intelligence dynamique et rythmique très engageante. Bref, si vous en avez les moyens, allez-y : vous ne vous tromperez pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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